HIDE UNDERWATER OR ANYWHERE SO UNDISTURBED YOU FEEL THE JERK OF PLEASURE WHEN AN IDEA COMES
Jenny Holzer



"Je ne sais pas quelle serait la bonne proportion, mais j'ai toujours eu une sorte d'intuition selon laquelle pour chaque heure passée en compagnie d'un autre être humain, on a besoin d'x heures seul".
Glenn Gould

"Aujourd'hui on ne peut pas travailler en société (...); il faut le faire dans la solitude, comme un homme qui ouvre une brèche dans la forêt vierge, soutenu par l'unique espoir que, quelque part, dans les fourrés d'autres travaillent à la même oeuvre."
Ernst Jünger (Le Coeur Aventureux)


PROTECT ME FROM WHAT I WANT
Jenny Holzer
Pour conclure, extrait du dernier livre de P. Bruckner : "Misère de la Prospérité". Un exemple caractéristique de l'attitude Waldgänger :
"...c'est la désaffection, cette lassitude ponctuelle qui monte de nos sociétés (et touche jusqu'aux décideurs, investisseurs, banquiers) face à la surproduction insensée, la camelote entassée dans les vitrines, le mercantilisme nauséeux, l'ébriété publicitaire; c'est le salutaire "à quoi bon ?" de ceux qui ne comprennent plus le sens de ces pseudo-richesses. (...) Ce qui s'installe tout doucement, c'est moins un idéal de révolution que de détournement. Etre "anticapitaliste", c'est d'abord cesser d'être obsédé par le capitalisme, c'est penser à autre chose. Plutôt que d'être contre, pourquoi ne pas être à côté, se dérober ?. L'on déserte en déplaçant les signes du luxe, du moins à titre individuel : le temps libre plutôt que les gros salaires, la méditation plutôt que la frénésie, la vie de l'esprit plutôt que la fièvre commerciale, les petites sociétés à la place du grand monde, la réclusion avec des amis plutôt que la solitude dans la foule. Bref, le retrait savamment dosé, une contradiction lucidement acceptée : des niches de beauté, de silence, de culture, une subtile schizophrénie qui permet d'être dedans et dehors, de se déprendre sans s'éloigner, un exil intérieur".