If he is taking his ease, give him no rest.
If his forces are united, separate them.
Sun Tzu


Encore un peu de temps, et l'herbe
couvre les têtes couronnées.
Brockes


Shhh...





Le rock indépendant, c'est nul



Nul : aucun, personne, rien, zéro, inexistant, négatif, caduc, invalide, périmé, nullité (Petit Robert).


Message à l'intention des lecteurs de XSilence :

Bonjour à tous, c'est moi l'auteur de la Maison-Page. Je vous ai lu en diagonale. Merci à ceux qui me défendent un peu (oui, cette page, c'était pour exagérer). J'ai du rentrer un peu les épaules en lisant que j'étais un gros naze ou un con qui comprend rien. C'est vrai que je n'y allais pas non plus avec le dos de la cuillère... J'accepte les insultes, alors. Plonk !

Je ne doute pas un instant que le rock indé "représente" quelque chose de très important pour la plupart d'entre vous. Il est vrai que j'ai toujours trouvé bizarre les gens qui cherchent, comme ça, par chapelle, qui cherchent à se rassembler "par style". J'ai 39 ans, et mes plaisirs musicaux sont basés maintenant non sur une catégorie musicale (le jazz, la soul, etc) mais sur une certaine complexité, je sais pas, un côté fracturé, une recherche dans la forme, des harmonies différentes ou tordues, des surprises. Glenn gould disait aimer un certain "Quotient de Bizarrerie". Deleuze pose la question fondamentale : "Qu'est-ce que ça apporte de nouveau ?". Evidemment, je trouve ça dans tous les styles de musique, en classique (Bartok, Stravinsky), en indé, en techno ou hip hop (Mirwais, Nerd), en pop (David Sylvian, Eno, Bowie), en rock prog, en électronique (Pinhas). Parfois, je ratisse au pif les musiques du moment et je fais des trouvailles, et y a pas que du rock indé ( http://www.maison-page.net/Emermp.html ).

En fait, le rock indé, je l'explore souvent. Je suis avide des bonnes bizarreries. J'en ai trouvé dans le passé chez Frank Black, Eels ou My Bloody Valentine, et récemment, j'ai trouvé des petites... graines (Graine d'Etoile de Emilie Simon avec Perry Blake, Natural Disaster de Enon, Brand New Colony de Postal Service, Weeping Willow de Schuller, Slowly de M83). A chaque fois, ça fait un morceau par album :-(

Salutations aux habitants de ce forum. S'il vous plaît, ne me tenez pas trop rigueur de tout ça, je sais bien que la page évoquée est pleine de mauvaise foi et de contradictions. Continuez à chercher, l'important c'est le plaisir, et bonne route !

JP

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ENCORE PLUS DE BRUIT !!



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Pourquoi tant de haine envers ce style de musique ?
(FAQ ?)



Bzzt Bzzt ! Arrêtez de m'embêter avec cette page, que je ne mets et ne mettrai plus à jour. Elle a été créée en 1997, et donc est déjà démodée. Je n'écoute plus AUCUN "groupe" de rock, et le simple fait de voir un mec avec une guitare ou un micro me fait fuir en courant. Alors bon. Je défends Fripp et Tom Waits ? La belle affaire : j'ai revendu tous mes disques, et je ne sais plus qui ils sont. Vous verrez, ça vous arrivera, un jour : la bulle éclate et alors tout devient ridicule...

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CRITIQUES




bzz bzz bz




Aloof : Sinking.
Aloof fait partie de ces ptits groupes comme Leftfield, c'est des gosses qui s'amusent avec des sons, que voulez-vous, faut bien passer le temps... Ils programment des rythmes, trouvent une ligne de basse, et après, ils ne savent plus quoi faire, c'est bien embêtant. Les vieux briscards paresseux et talentueux d'Underworld doivent bien rigoler.



Archive : Londinium.
Archive, c'est dur à traiter, dans cette page. Nul doute que dans les magasins les gentils vendeurs vont ranger le disque dans la trip-hop, ce réservoir à imposteurs. Pour moi, Archive, c'est du Tricky avec du talent, pas mal de talent même. Imaginez ! Dans chaque morceau il y a une grosse dizaine d'idées, des surprises, des sons fous et des traitements variés. Dans les invités y a un monsieur de Underworld, un violoniste, un flûtiste et une violoncelliste. Tout ça ressemble vaguement à du Hoover en plus travaillé. Du bon boulot, ce qui semble contredire le titre de cette page, arf arf...



Arid : Little Things of Venom.
C'est dur de trouver un nom de groupe hein ? Ces petits Pearl Jam bourgeois et adolescents font du rock bien peigné et très poli. C'est bourré d'idées malines, avec trompettes et violons en sus. Ces bons gros enfants sages et intelligents (ça me fait penser un peu aux Charts) sont très vite insupportables !



Craig Armstrong : The Space Between Us.
L'idée est belle, mélanger orchestres et pianos avec les machines modernes. Comme c'est dommage ! L'intention était louable, mais c'est raté ! L'orchestre est pataud, et ces musiques bien trop sucrées, à vous donner la nausée. Parfois on dirait du John Barry scolaire (choisissez plutôt Beyondness of Things), parfois du Art of Noise deuxième période, ou du Phil Glass (essayez Heroes Symphony, c'est tout de même autre chose). On n'est pas loin de Vangelis (mais Blade Runner est mille fois mieux), de Patrick O'Hearn (Indigo est plus profond), et pour le piano, je préfère l'Ambient 2 de Budd/Eno. A surveiller, tout de même, l'Armstrong.



Joseph Arthur : Come to Where I'm from.
Le gaillard fait des peintures à l'huile et en met partout, il dessine des têtes pas jolies, c'est toujours ce qu'on fait quand on sait pas faire et qu'on veut un résultat : des têtes. La musique ? Elle manque d'ampleur, et de dièzes...



Asian Dub Foundation : Facts and Fiction.
La musique d'Asian Dub est tout à fait marrante à écouter. Y a des basses dub, plein de samples indiens partout et des rythmes plutôt bien trouvés. Le prob', c'est que c'est pas chanté, mais parlé avec cette manie ragga de tourner autour d'une ou deux notes, tout cela avec un air tellement sérieux et concerné (poing en l'air, frère, le monde il est pourri, non on est opprimés tatata, freedom), que l'on peut naviguer entre une franche rigolade moqueuse ou un vague agacement qui se termine par la touche STOP. Dommage, parce que la musique est marrante. Ah ces gosses...



Atari Teenage Riot : 60 Seconds Wipe Out.
Tant qu'à faire du bourrin pour ados-à-têtes-vides, autant le faire à fond, c'est vrai ! Donc, alors la recette : des gamins hurlent des voix saturées au milieu du spectre, autour : batteries rapides, guitares qui riffent, sons électriques qui tournent. Les Front 242 faisaient pareil il y a 20 ans avec leur accent belge. On n'a jamais été aussi près de la fin. Dans la pochette, on voit : No Culture. Ils ont des revolvers, aussi ? Ça vous rappelle rien ?


The Auteurs : Now I'm a Cowboy.
Ces Auteurs savent torcher une chanson, mais leur chanteur est aussi sensuel qu'une betterave à sucre. Ça donne un truc comme les Nits, plus nerveux, mais moins inventif. Leurs guitares sont souvent splendides.



Babybird : Ugly Beautiful.
Un mec doué et confus, qui fait des chansons. Toutes sont transparentes, délirantes, inexistantes. Il a l'air très content de lui, en tout cas. Il devrait faire autre chose, moi, je pense.



Beastie Boys : voyons voyons...



Beck : Odelay.
Une ânerie de première classe, et tout le monde crie au génie. Ecoutez : génie ! génie ! génie ! Cet idiot congénital fait des disques et on s'ennuie beaucoup : il n'a qu'un timbre monocorde, ne sait jouer de rien, et n'a aucun sens mélodique (au moins, un primitif comme Kravitz se rattrape par les mélodies). Il joue de tous les instruments (c'est certainement le plus mauvais bassiste de la terre). C'est un batteur manchot. Et il chante comme un pot de rillette. Vous allez voir qu'on va me dire que c'est ce qui fait son charme !!!
Mais oui, la modernité, c'est l'inachevé, le "je bricole et je suis modeste". Pouah !




Belle and Sebastian : If You're Feeling Sinister.
Ah, que c'est charmant ! Comme une poignée de pépites dans un vieux mouchoir acoustique, cet album propose des chansons pop légères douces comme les après-midi d'enfance, bricolées et passionnantes. Le chanteur est un malin nonchalant et précis, comme un cousin heureux de Wyatt, et les copains autour tissent des mélodies meilleures les unes que les autres. C'est plein de bon soleil, tout ça. Pas mal du tout...


Björk : Post.
L'insignifiante islandaise a beaucoup de succès. Cette sale gosse, si je comprends bien, a des techniciens à sa merci, dont elle fait n'importe quoi. C'est un album fabriqué de bribes, de trucs. La peste y improvise n'importe quoi, et parfois semble complètement surprise de ce qu'elle arrive à faire (le refrain d'Hyper Ballad est presque réussi). Il arrive même qu'on s'approche de quelque chose (Isobel). En fait il faudrait qu'elle se marie avec un producteur rigoureux qui la mène ailleurs, dans les sphères (inconnues pour elle) du travail et du talent.



Perry Blake : Perry Blake.
Vu les critiques, y avait tout pour qu'on se régale, des mélancolies, des arrangements, une voix ? Le premier morceau, avec son toit de cordes immobiles, met l'eau à la bouche, mais immédiatement, on sent la recette, on pense au "Hat" de Blue Nile, on s'ennuie, et on entend bien que Perry, plein de bonne volonté, fait des manières avec ses sussurements limaceux. Enfin, c'est toujours mieux que cet idiot de Jay Jay !

Depuis, un autre album plus abouti et plus malin, "Still Life". La palette instrumentale s'est élargie et j'ai senti une volonté de travailler sur la voix (même si souvent on aurait envie qu'il laisse seulement la musique). Harmoniquement, de jolis étages apparaissent, et le travail sur les percussions est respectable, presque wyattien. Faut le surveiller, lui !


Françoise Breut
La copine de Dominique (A) fait des chansons et les petits dessins de son disque.


Ian Brown : Unfinished Monkey Business.
Oh ! Le monsieur sur la pochette (c'est lui ?) fronce les sourcils. On trouve un autocollant (Ian Brown, EX-STONE ROSES, c'est une qualité ?). Dans l'intro, des bruitages comme dans Pink Floyd, avec des rythmes. Dans la pochette intérieure, des photos du bonhomme DANS DES DECORS INTERESSANTS (mais comment ose-t-on encore faire ça !!!????). Il fait pipi, il dort, il fait le touriste. Ah, Ian Brown ! Un rebelle, celui-là !


Cake : Fashion Nugget.
Cake, c'est un gâteau. Les Inrocks s'en "goinfreraient", et y a de quoi. Cet album est un vrai festival de chansons incroyables, décalées et marrantes, ringardes, malines et bricolées et décousues de partout. Va falloir changer le titre ou quoi ?


Cat Power : What Would The Community Think.
C'est un DISQUE IMMENSE, disent les Inrockuptibles. C'est en tout cas très mélancolo. On dirait un peu les Cow Boy Junkies à douze ans. La voix de la fille est fragile comme tout, et le guitariste (c'est la fille aussi, me dit Gael) fait des arpèges, ne sachant faire que ça on dirait...


Nick Cave : Murder Ballads.
C'est les filles qui vont me détester, elles aiment bien, les filles, la grosse voix grave et sérieuse de Nick Cave. Déjà, dans Les Ailes du Désir, cette grosse asperge lugubre m'avait laissé pantois, comme on dit. C'est pas une voix, c'est une caverne monotone, une boîte à sombritude, un souffreteux vocaliste en velour-moquette, un plafond taché, une vieille chaussure prétentieuse, et toc.


Cardigans : Life.
Que ceux qui vont me dire que c'est du kitsch aille se faire enflammer sur la lune. Le kitsch, c'est plus drôle que ça ! Bon, voyez là :


Chemical Brothers : Exit Planet Dust.
De la musique de glandeurs pour les amateurs de musiques de glandeurs. L'idée, répétée à l'infini, c'est de faire du GROOVE (et ils font ça très bien, les diables). Du style "Wouah les gars, qu'est-ce qu'on s'éclate avec ce beat". Ensuite, on brode un peu avec des riffs idiots en boucle ou des samples de gamins, c'est n'importe quoi, et voilà pour eux. La quintessence du vide rythmé.


Crustation : Bloom
Trip Hop, c'est une expression qui veut dire Voyage Lapin : le petit lapin voyage dans sa tête (trip) et, tout content, il fait des sauts de lapin (hop). Crustation fait de la trip hop avec toute la panoplie de petit lapin : rythmes lents, samples bizarres, électroniques en nappes.


Curve : Come Clean
Un truc parmi tant d'autres, dans la famille : guitare, basse, batterie, saturations, voix saturée, électroniques aggressives. Toute la panoplie y est. Magnifique !


Day One : Ordinary Man.
Ces mecs font tellement l'unanimité que ça commençait à m'intriguer. A coup sûr, les "génies du millénaire", qui "ouvrent une nouvelle voie", on voit le tableau. S'appeler "Jour Un" et montrer sa photo sur la pochette, c'est pas bon signe hein ? Et puis, c'est sur le label de Massive Attack, record absolu du nom de groupe le plus idiot. Mal parti...


Dead Can Dance : Spiritchaser.
Bon, Dead Can Dance, c'est plus ce que c'était, tout le monde est d'accord. Et puis on n'a jamais vu un chanteur chanter aussi mal (y a personne qui peut lui dire ?). Il y a toujours plein de trucs ratés dans leurs albums, mais quand ça décolle, ça décolle. Ca n'arrive pas une seule fois dans ce disque-là.


Deus : In A Bar, Under The Sea.
Cette bande d'allumés, on se demande bien d'où ils sortent. Ce sont de bons mélodistes, de bons arrangeurs, ils ont de l'humour, des idées originales, on sent le travail, l'intelligence efficace. C'est bien comme tout, et vaguement ennuyeux sur la durée.

Un autre album suit, du même type il me semble, assez moyen, mais habité de quelques moments foudroyants, surtout vers la fin.


Divine Comedy : Casanova.
Vous aviez bien raison de vous moquer de la pochette : un jeune jeune aux lunettes de soleil qui fume sur une gondole à Venise, c'est un peu triste, mais enfin... c'est peut-être de l'humour. On est à l'époque de l'humour n'est-ce pas ? Faut être cool, second degré.
Neil, donc, chante comme un cow-boy sur un canasson en plastique, une sorte de musique pompeuse pas très inspirée, avec force violons et trompettes, comme un Dream Academy au Far West, ou le beau-frère d'Elvis sur une moto de manège. Le Prefab Sprout du pauvre ?



Eels : Beautiful freak.
Tout cela est bien embêtant. Cette page, elle dit que le rock indépendant c'est nul, mais l'ennui, c'est que c'est pas toujours le cas. Flûte. Eels, c'est une surprise comme il en vient de temps en temps. Eels, ça me fait penser à Freur dans les années 80 (Freur, c'était Underworld quand ils s'appelaient pas encore Underworld). Même inventivité joyeuse et tranquille.


The Experimental Pop Band : Homesick
Parfait exemple d'inutilité pop. La recette est simple. Prenez et samplez des sons-kitsch-des-années-60 (comme ça vous êtes à la mode, et vous montrez bien que vous préférez regarder derrière que devant). Mélangez-les sur deux accords (vous n'avez aucune idée de ce qu'est l'harmonie, super). Ajoutez parfois un chanteur qui n'a aucune idée de ce que c'est de chanter (ah, cette époque où tout le monde veut chanter !). C'est tout.


Faith No More : Album of the Year.
Ça devient bien embêtant de mettre des étiquettes sur les disques, maintenant. C'est quoi, Faith no More ? Parfois le chanteur crie, et on sent bien qu'il est en rage, le pauvre. Le batteur est un bûcheron tâcheron, c'est sûr. Les guitares saturent, crr crr. Mais non mais non : le chanteur s'adoucit, les claviers font des tapis, la production s'amuse avec les boutons, c'est tout de même pas sérieux. Il peut même arriver que votre oreille soit chatouillée (Mouth to Mouth).


Future Sound of Paris : 2.
La recette de cette galette est simple, et d'une pauvreté ordinaire et courante. Nos DJ parisiens construisent un BEAT (super, écoute, coco, j'ai trouvé un BEAT !), ensuite, ils ajoutent un GIMMICK (ça peut être un vieux piano électrique mis en boucle, ou un bout de voix). Puis, ils font copier coller. Là-dessus, ils mettent de temps à autre un SON RIGOLO (pris sur un VIEUX DISQUE). C'est tout, voilà.


Garbage : Garbage.
"Un des chocs physiques de l'année", dit les Inrocks. Et l'année prochaine ? Bon, quelques bonnes idées surnagent au milieu d'une boue saturée et molle. Au moins, Elastica avait 5 ou 6 points de mieux pour tous les aspects... celui-là, on le remixe ? Version 2.0, c'est le nouvel album, qui fait fort penser à du Kim Wilde, noyé dans des tas d'effets "à la mode" (la voix est saturée, comme c'est original !). Machin chante n'importe comment. Vous feriez mieux de vous frotter à un vieux Talking Heads, tiens.


Gastr Del Sol : Camoufleur.
Avec la voix du monsieur, on pense à Brian Eno (Before and After Science) ou à Wyatt. L'environnement est acoustique et original. C'est intéressant, mais c'est une coquille vide. Dommage hein ?


Laurent Garnier : Unreasonable Behaviour.
J'avais déjà écouté des trucs de Garnier en me disant que j'étais sans doute tombé sur des déchets, des trucs dont il avait honte. Et comme voilà aujourd'hui l"'album de la maturité", je m'y mets sérieusement. Le Grand Sachem de la techno française "enfin reconnue" doit avoir des idées. Non non non ! On se fait une idée très vite : voici l'incarnation du Principe de Peter des DJ, dit Principe d'Incompétence : un bon (?) DJ veut devenir "musicien", fait quelques disques parce qu'il connaît les rouages de l'industrie, sourires polis de l'assemblée-hors-scène-techno. Dossiers de presse, album alibi tech du mois dans les magz, têtes de gondoles. Halala...


Gus Gus : Polysdistortion.
Polydistortion ? On pouvait s'attendre à des choses intéressantes, des perversions ou des miracles, des surprises, des points d'exclamation.


P.J. Harvey : To Bring You My Love.
Bon, c'est un peu triste. Il n'y a rien à dire sur Polly truc. Elle met pas les paroles sur la pochette, alors j'ai pensé qu'elle avait honte des paroles, un truc comme ça. Enfin bon je les ai trouvées sur Internet. J'ai même rien trouvé à dire dessus. Je me dis que 1) je suis fatigué 2) c'est trop bien pour moi, je capte pas 3) c'est du vide, c'est fondamentalement rien du tout, une agitation vaine et multiple, avec orgue et voix saturée (gnin gnin gnin) et voix cassée-par-le-désespoir-c'est-les-blessures-de-la-vie. Bref : rien.


Hood : Cycle of Days & Seasons.
Moi, déjà, j'aime bien, un groupe qui montre pas sa tronche sur la pochette, les mains dans les poches ou je ne sais quoi. Ici, un ciel pâle, des branches... "Hood", ça doit vouloir dire quelque chose, alors je regarde dans mon dico : capuchon (capote ?). Capuchon. J'aime bien, aussi, ça devient bizarre, un groupe qui s'appelle pas "Attaque Massive", "Radiotête", ou "Frères Chimiques".


Hoover : A New Stereophonic Sound Spectacular.
Belle petite voix de petite fille nonchalante. Arrangements souvent inventifs (les rythmiques basses/batterie sont très bien). Tous les morceaux sont plus ou moins bâclés. Cet album est un bon exercice de frustration. Quelques belles perles surnagent : c'est un peu comme si Julee Cruise travaillait en Espagne avec Freur. Si. Attendez 3 ou quatre ans, ils vont nous faire un chef-d'oeuvre. Hooverphonic, ça s'appelle, maintenant. Il faut bien 7 ou 8 morceaux pour que ça devienne intéressant. J'aime la jolie modulation de Out of Tune, les cordes de Strange Effect, les moyenâgeries de Renaissance Affair. Bref : quelques idées surnagent ici et là. Pffffff...


In The Nursery : L'Esprit.
Dans la Nursery dorment les tous petits. Ces adolescents trafiquent les synthétiseurs d'une façon maladroite et assez touchante. Ils essaient tous les sons, mais n'ont pas la science d'Art of Noise, ni l'art des séquences de Tangerine Dream, ni le sens mélodique de Kraftwerk. Que reste-il ? Une fausse musique classique électronique, des climats fatigués et beaucoup de lieux communs. Les Rondo Veneziano gothiques ?
L'album DECO est un peu mieux. Faut encore qu'ils grandissent, mais ils vont dans la bonne direction il me semble. Le problème, c'est cette voix féminine, qui fait penser à Uman.



Jay-Jay Johanson : Whiskey.
Vous vous promenez dans la rue, et tout le monde se moque de vous parce qu'un gros point d'exclamation rose est attaché flottant au-dessus de votre tête : vous venez d'écouter le nouveau disque de Jay-Jay Johanson.


Jude : No One is Really Beautiful
Curieuse impression ! Il suffit d'écouter quatre ou cinq chansons de cet album pour se dire que ce gars-là est "réveillé". On sent un esprit rapide, et habile. Avec des outils traditionnels (guitare, batterie, etc), ça pulse dans tous les coins, avec toujours une note surprise, colorée, un refrain décadent, un trait de violoncelle ou une voix qui se précipite. Sans doute un bon ouvrier.


Kula Shaker : K.
Des p'tits gars qui ont la pêche et beaucoup trop d'idées. C'est largement au-dessus de la moyenne, un vrai fouilli talentueux, bourré de sonorités et de surprises. On croirait entendre plusieurs groupes en même temps (Suede et Grateful Dead jammant en Inde avec Led Zeppelin et Zappa ?). En concert, ça doit être épuisant !


Die Krupps : Paradise Now.
Mister lunettes de Propaganda et ses copains techno-révoltés nous servent une grosse bouillie industro-trashy dont la recette est éprouvée, vous savez : basses gargouillantes séquencées + hauts murs de guitares + rythmes de concasseuses + voix d'outre-tombe.


Leftfield : Leftism.
(Pour Nico ;-) La pochette présente un morceau de haut-parleur encadré par une machoîre squelette de requin, ouahhhh. Voilà donc de la techno, c'est comme ça qu'on appelle cette musique hein ? Le disque se détache aisément de la marre aux canards habituelle, par une belle originalité rythmique, des basses originales et un éventail varié de sonorités...


Lemonheads : Car Button Cloth.
Voilà la quintessence des lieux communs indies. Un batteur bourrin, un chanteur inexistant, (et je sais faire grincer ma voix comme les grungeux), et on y va sagement, à fond, avec des RIFFS, crr crr crr, ça ressemble à tout et à rien. Des gosses sagement dans le moule, des dessins de gosse sur la pochette, un toilet moog (ha ha ha ! humour !). Des gosses, je vous dis. La seule chose qu'ils n'ont plus des gosses, c'est l'imagination. C'est mystérieux.


Locust : Morning Light.
Cet insecte-là est difficile à mettre en cage. Il s'agit de cette sorte de pop anglaise à voix de sirènes, bizarre et esthétisante, une sorte de Bel-Canto brouillon, ou comme si une bande d'ados crassouilleux tentait de faire du This Mortal Coil. Parfois, c'est fabuleux (Folie). Souvent, c'est pas mal. C'est tout.


Looper : Up a Tree.
Tous les morceaux commencent, ou presque, par... des craquements de vinyl. Je suppose que tous les connards qui aiment les craquements de vinyl sur CD mettent des lampes à huile autour de leurs ampoules électriques, des moteurs de Solex à côté de leur moteur de Golf, et qu'ils vont faire caca dans un trou dans le jardin ("dans le temps, patati, patata"). Le reste : un aaassemblage hééétéroclite de "choses charmantes samplées" (un gosse fait l'idiot, une guitare wah wah, un harmonica, etc...). Extraordinairement mauvais.


Manic Street Preacher : This is my Truth.
Bon, les mecs, on sait pas quoi faire comme pochette, alors on va faire une photo. Une photo ??? Ben oui, bon, on va dans le désert, vroum vroum, voilà on est dans le désert. Vous vous mettez là. Là ? Ouais, là, comme ça. Ouais, pas mal. Qu'est-ce qu'on fait ? Ben rien, vous restez là, comme ça, comme des cons. Moi je vous photographie. Voilà, c'est dans la boîte.



Marylin Manson : Antichrist Superstar.
Vous savez comme j'aime Reznor, l'imposteur niais qui fascine les p'tites têtes adolescentes. Alors je me suis retenu, pour une fois : tenter d'écouter objectivement. Après tout, si le musicien Reznor est insignifiant, le producteur Reznor a quelques idées... Evidemment, c'est difficile de ne pas sourire en voyant les photos ââffreuses de la pochette. Cet ACADEMISME (têtes de morts, taches de sang) dans le morbide est un peu frivole. C'est barbant l'académisme non ?



Massive Attack : Protection.
Le nom de groupe le plus idiot de la décennie. Belle recette. C'est cool, "sensuel", épouvantablement sérieux (regardez le dos du disque) pour le soir vous voyez. Massive Attack, c'est la musique pour l'apéro, c'est le Sade des jeunes (pourquoi pas). Y a le Tricky qui vient incompéter de temps en temps, c'est dommage : pour supporter l'album, il faut virer les morceaux dont il s'est approché. Quel succès en tout cas. Ce que ce serait si c'était bien fait !
Mezzanine meilleur, malgré ses foutus craquements de vinyle. Angel est une bonne demie-réussite, et Liz est très bien sur Teardrops. Beaucoup de déchets...


Mazzy Star : Among my Swan.
C'est une chanteuse comme il y en a des milliards, elles ont toutes cette voix là, cool, sur une éternelle guitare sèche. La même voix sur tout le disque. Il ne se passe rien du tout. C'est emmerdant, vu le prix du disque.


Jeff Mills : Lifelike.
Je ne sais pas pourquoi, j'avais un bon à-priori pour ce gars-là. Peut-être parce que j'ai jamais vu sa tronche dans les journaux "où qu'il convient d'être dedans", tout ça. Ouvrant la pochette, je vois une interview sur l'art, et puis que le gars a 36 ans. Ouh là !


Ministry : Filthpig.
Filthpig, ca veut dire ordurecochon, c'est quand même quelque chose. Ministry, ce sont des gamins qui jouent à faire ce qu'on pourrait appeler du "Bruit Stéréotypé". Comment fait-on du "Bruit Stéréotypé" ? On met des GUITARES ELECTRIQUES avec des pédales de distortion, et puis on SATURE les voix (prendre un air méchant). Bref, faut pas trop essayer d'être différent (indépendant ?).


Morcheeba : Big Calm.
Les seventies, c'est moche, années Giscard, pleines de poufs oranges, de canapés à fleurs oranges et d'infâmes tourne-disques qui craquent. La culture rock, d'un seul coup, trouve tout ça très intéressant, c'est le kitsch. Austin Powers, extraordinaire. Les génies du siècle : Tom Jones, Burt Baccharach. Malheureusement, pour moi, c'est toujours aussi moche. La pochette de Morcheeba ? 0range !


Muse : Showbiz.
Je n'en crois pas mes oreilles !!! Matthew, Dominic et Chris sont trois jeunes gars qui fabriquent une pop ouvragée et tonitruante, un peu comme Arid, mais en plus bête encore. L'un deux fait le chanteur, il est incroyablement mauvais, vous savez, le style à faire des manières, des sanglots et beaucoup de "Haa" toutes les deux syllabes. Au bout de trois morceaux, on a Haavie de Voooomir. Pouah !


Nicolette : Let no one, etc etc...
Avec Badalamenti, ça donnerait peut-être quelque chose. La fille n'a pas de voix, alors elle sussure (on dit, on joue du souffle et pas du timbre). Le mec qui fait les musiques, c'est un zozo de la pire espèce : de ceux qui ne savent rien faire et veulent faire des TRUCS BIZARRES. Pouah !


Nine Inch Nails : The Downward Spiral
Bon, Reznor est bête comme ses pieds, mais il fait du bruit avec des saturations, alors il est à la mode ! Bowie fait appel à lui mais est terriblement déçu : ce mec est décidément un PETIT CHIMISTE. Le disque est produit par Flood, qui a produit Depeche Mode, ça se sent...


Nirvana : Nevermind.
Bon, Nirvana, c'est basé sur quelques "trucs". Une production parfaite, simple et efficace, une voix monocorde mais confortable, un bassiste talentueux, et surtout une bonne science du contraste calme/bruit. Ce sont de sacrés mélodistes, en somme : de bons ouvriers.
Ah oui : à l'intérieur de la pochette, Kurt vous dit Fuck You avec son doigt. Voilà.



No Doubt : Tragic Kingdom.
C'est du fun américain. Les instrumentistes connaissent leurs classiques, ça part dans tous les sens, et y a même un bout de bonne chanson dans l'album (Happy Now). C'est chiant comme tout, et très sucré (avec des guitares saturées, c'est ce qui plaît aux mômes).


Oasis : (What's the Story) Morning Glory ?
Bon, respect, ces mecs là sont de bons p'tits gars, ils connaissent les trucs et les machins pour faire des trucs à chantonner. Wonderwall est un tube "imparable" comme dit la presse. Quelques bonnes idées surgissent de-ci de-là. En fait...


Beth Orton : Central Reservation
Une guitare, une basse, une batterie, la voix de Beth (qui fait des ouuuuh sensuels). Le tout est pas mal réalisé, parfaitement académique et sans aucune idée, évidemment. L'inutilité est évidente, gigantesque, frappante au bout de dix minutes : pourquoi tous ces gens font-ils de la musique ?


Palace Music : Arise Therefore
C'est un monsieur, sa voix est fragile et paysanne. Il clapote sur un piano ou une boîte à rythme à 15 francs. Les paroles sont écrites à la machine, avec les coquilles, tu vois, pour montrer que c'est pas fini, que c'est un groupe, le concept, c'est que c'est pas fini. Moderne quoi.


Papa M : Live from a Shark's Cage
L'art du monsieur semble réduit à la mise en boucle de quelques guitares. Celles-ci passent dans de nombreux effets et se mélangent à quelques percussions malines. Au bilan, c'est assez plaisant, et on n'a pas de chanteur, ce qui est une certaine forme de bonheur. Sans doute idéal pour passer des journées d'été à s'ennuyer.


Pavement : Wowee Zowee
Pavement est "hors du cadre". Ça ne veut rien dire. Ils ont certainement beaucoup bu. Le chanteur est un peu fatigué, il ne sait plus quoi dire. Le guitariste a pris trois leçons avec son cousin, puis a préféré acheter une pédale de distortion. Le bassiste fait pitié, enfin. C'est des jeunes qui font un groupe...


Pearl Jam : Vs.
Le guitariste est un fou qui sait ce qu'il fait, ses riffs sont rigolos, et il connaît les effets des traînées en étage. Le bassiste est une bête d'invention calme, le batteur sait tout faire, et c'est merveilleusement produit. Je vais en énerver quelques uns, je sais, puisque que mes références sont des plus démodées : Pearl Jam, c'est du rock des seventies, débarrassés des virtuoses, ces enfants fatiguants, et des âneries planantes. Une sorte de Crimson en plus sensuel, un petit dinosaure énervé, salement grimpé de quelques marches : Un putain de bon groupe. Il apparaît (rires rires rires) que trouver ce groupe pas mal, c'est le COMBLE de la ringardise. Moi je m'en fous, et vous avez le droit de me mépriser, parfaitement : je n'y connais rien, vous savez...


Pixies : Trompe le Monde.
Les Pixies, ils sont fous. Leurs chansons ne disent rien. Ils balancent des clichés avec une énergie froide, déconstruisent tout, et font un morceau avec trois morceaux. C'est bancal, raté, fascinant. Et pour une fois, il y a un vrai risque harmonique. Un gros frigo.


Placebo : Placebo
Placebo : des idées, mais pas trop. L'oreille parfois se réveille, mais se rendort vite. Ca sent le remplissage et la petite incompétence. Ils ne sont pas prêts. Beaucoup de bonne volonté, pourtant. Il faut les surveiller. Production cotonneuse, batterie en carton et guitares molles.


Radiohead : The Bends
Une douzaine de chansons un peu fatiguées, ballades ordinaires ou crachats guitarisés. Le chanteur a une petite palette et le guitariste est un bourrin. Parfois ils se mettent à se réveiller (Nice Dream), et on peut voir quelques jolies étincelles. Encore des ceusses qui travaillent pas assez.


Rage Against the Machine : Evil Empire
Du bon gros bruit pour les enfants. La fusion entre un éléphant balourd (le hard) et un idiot congénital cracheur de lieux communs vindicatifs (le rap). Parfait pour les p'tites têtes et les beaufs emplis de bière.


Red House Painters : Songs for a blue guitar
Les peintres de la maison rouge, c'est le petit Mark. Le petit Mark fait des chansons, un disque, et le dédie à Katy. C'est tellement nul qu'on est naturellement tenté d'appuyer, en permanence, sur la touche STOP. Je n'ai pas trouvé une seule idée sympathique.


Alex Reece : So Far
De toute la page, c'est l'album qui a certainement été composé le plus rapidement. J'ai jamais entendu un tel vide, une telle bêtise dans la composition. Le principe du mec, c'est de fabriquer un pattern de rythme hyper rapide (super ça fait Jungle !), de rajouter une basse, et après de rajouter un son de temps en temps, un tululut de trompette, on deux notes d'orgue. C'est épuisant, à cause du rythme, et complètement idiot.


Les Rythmes Digitales : Dark Dancer
Ah ah ! Un des titres de ce foutu album s'appelle "Music Makes you Lose Control". C'est vrai ! En dehors de cette phrase explicative typiquement inutile, c'est tellement mauvais que j'ai du mal à ne pas arrêter le disque tout de suite ! C'est une espèce de nausée plastifiée, que l'on ressent toujours en entendant de la pop eighties à synthés et à cravate. Ecoeurant, donc.


Nitin Sawhney : Beyond Skin
Pour le magazine "Elle", l'album de l'année. Ça commence bien... Bon, donc, j'écoute attentivement. Je lis le texte sur la pochette. C'est terrible, incroyable, fou : lui, j'vais m'le faire ! Si je comprends bien, ce zozo est un indien qui vit en Angleterre. Il met une page pour dire que l'Inde elle est VILAINE parce qu'elle fait des essais nucléaires. Bien ! Nous voilà sauvés ! Il faudrait qu'il rajoute quelque part que la guerre, c'est pas beau de la faire, là ce serait le ponpon. Non, il explique en gros qu'il faut dépasser la politique, la nationalité et la couleur de la peau.


Silverchair : Frogstone
Y a quelque chose, chez les Silverchair. Le chanteur fait des efforts : forcément, depuis Pearl Jam, les Genesis grunge, faut bouger un peu ses cordes vocales. Ca donne un album tout à fait poussif, scolaire, appliqué, souvent noyé sous des RIFFS lourds pas glop. Mais pourquoi sont-ils si sages ?


Skunk Anansie : Paranoid & Sunburnt
Cette grande duduche a pas l'air de rigoler, sur la pochette, qui a dû gagner tous les prix de ridicule. Happily, l'intérieur contient de la bonne lave bleue et noire. Respect.


The Smashing Pumkins : Mellon Collie etc...
Tous les pires clichés, de Clayderman au pire hard de base. Vocaux affligeants, aucune inventivité, une vraie bande de microbes pas drôles, un vrai trou noir. Plus risible que Guns and Roses. Et en double album, faut le faire...


Smoke City : Flying Away.
Ah, c'est la musique des pantalons ! (piou piou, underwater love, klong klong). "Quand les nouveaux sons anglais rencontrent la chaleur brésilienne", qu'ils disent. C'est une idée marketing qui en vaut une autre.


Sonic Youth : Dirty.
Ah, les PAPES du rock indie ! Les lecteurs m'ont tellement demandé Jeunesse Sonique que je m'y mets. Scusez, je découvre. Pris "Dirty" au pif. C'est toujours mieux que des machines à laver hein. Avec mon bol, vous allez voir que j'ai choisi le plus mauvais...


Soungarden : Down on the Upside
Soundgarden, c'est un peu difficile. Ils sont tellement plein de bonne volonté que c'est touchant et joli. Gentils comme tout, il nous servent une chanson après l'autre, l'air de rien, avec quelques idées de rythme ou de sonorité. Bref leur musique manque de sel et de moutarde. Le chanteur fait des efforts, mais ça vaut pas tripette ni galipette.


Spain : She Haunts my Dreams
"Oh then why/Do I feel/So alone". C'est clair, Josh Haden a eu un chagrin d'amour. Tout, dans cet album mou, sent le romantisme belle chaussette, avec l'amour-que-l'on-croyait-éternel-et-que-non. Belle basse, néanmoins : on sent de bonnes idées mélodiques un peu partout, comme des patates dans une bonne soupe : du travail fourni. C'est incroyable d'en faire si peu avec cette matière : paresse absolue dans la production, le timbre et le rythme (on croirait entendre tout le temps la même chanson). Partout, vous lirez que cet album est un chef-d'oeuvre, et cetera.


SparkleHorse : Vivadixisubmarinetransmissionplot



Suede : Dog Man Star
Bon, ces enfants-là sont des prétentieux, mais ils travaillent. Brett chante comme un gros cochon endimanché, et fait des manières pire que Peter Gabriel adolescent, et les "tics" new-wave sont accablants (on dirait parfois une parodie des exécrables Psychedelic Furs). Pourtant... c'est bourré de bonnes surprises (les foutus décalages de cette chanson à étages qu'est Heroine). Vous trouverez des rapports avec le lyrisme technique d'Alphaville (allez exprimer ça autrement !). Ce n'est pas un compliment. Sinon c'est du rock progressif pour débutants. La production est à chier.



Supergrass : I should Coco
Ah, c'est des jeunes ! De l'énergie ! Mort aux bourgeois ! Gnià ! Des guitares ! Des guitares ! Aboyez ! Energie ! Secouez la tête ! Ouah ouah ! P'tain !


Tarwater : Silur
Dans la petite forêt du Rock Indépendant, il y a celui qui fait des petits pâtés avec son caca (c'est Tricky), il y a celui qui court en frappant sur des casseroles en hurlant que la forêt, elle est pas belle (c'est Reznor), il y a la folle-fée qui fait des mines comme Mireille Matthieu en disant que c'est elle le Chasseur (c'est Björk). Tarwater, c'est le mec à l'ombre qui tourne en rond sur son vélo bricolé plein de rubans...


The For Carnation : The For Carnation
C'est "Le groupe de Brian Mac Mahan, ex leader du groupe SLINT", qu'ils disent. Me voilà bien avancé !


Therapy? : Infernal Love
"I've got a problem", dit-il, le chanteur, pour commencer. Therapy?, c'est des grands, des adultes, c'est un peu les Mozarts du Bruit pour les Jeunes. Ils nous font même un slow comme les SLOWS DE SCORPIONS, les teutons papas (l'effondrant "A Moment of Clarity"). C'est vrai qu'on dirait un peu les Scorpions, ces zozos-là. La musique est tout ce qu'il y a de plus basique, gros accords de base, et les paroles sont les plus bêtes de toutes celles que j'ai jamais vues. Des bons gros patapoufs.


Tiamat : A Deeper Kind of Slumber
Tiamat nous fait une sorte de hard-wave ampoulée avec une application presque scolaire. On sent beaucoup de bonne volonté, mais le chanteur tente trop de chanter comme chez Pink Floyd, et le duo batteur/bassiste est du niveau d'un groupe de dark wave lillois (ce n'est pas un compliment). Le tout manque d'ampleur, d'assise et d'inspiration, comme une sorte de Xymox un peu endormi, si bien qu'on a l'impression d'un moteur qui flotte dans le vide.


Tindersticks : Tinderstick
J'ai bien essayé, mais c'est difficile de dire du mal de Tindersticks. Ces gens-là font du bon boulot, et utilisent... plusieurs idées par morceau (ce qui dans le genre devient un miracle). Même si la voix du gars est parfois bien ballonneuse, il y a des surprises, et un vrai climat. Merde. Parfois, quand on sent qu'on s'enfonce (le début de "My Sister"), ils rattrapent le truc...


Emiliana Torrini : Love in the Time of Science
Emiliana fait la petite voix, comme Björk quand elle se prend pas pour Mireille Matthieu, ou l'autre nonchalante, là, Nordenstam, qui fait des manières. J'ai du mal à écouter la musique pour elle même, tellement ça fait penser à ci ou à ça. On dirait du Portishead en moins tétanisé, du Garbage en moins malhonnête, du Björk, donc, en moins "voilà mes brouillons j'ai pas fini parce que je dois faire des mines sur une vidéo en disant je suis le chasseur, grrrr". C'est intriguant...


Tortoise : TNT
Un glougloutement de petits instrumentaux, mixés sans beaucoup d'élégance. C'est tout de même une joie de ne pas entendre de chanteur. Les lacunes sont structurelles (mais c'est sans doute une volonté : modernité) et harmoniques, comme on pouvait s'y attendre. Fabriqué sans âme, c'est tellement dommage.


Tricky : Nearly God
Ce Tricky est le plus bel imposteur de la décennie (avec Trent, ce gland). Faut être fatigué pour trouver un peu d'originalité dans ce fatras langoureux, climatique et idiot. Tricky, c'est une avant-garde pépère, un bidouilleur instinctif sans talent. En général, on vous répondra que c'est un génie et que vous n'avez rien compris. Mais ce n'est pas un génie, et j'ai très bien compris, désolé. La musique des nineties a besoin d'une avant-garde, mais pas de ce zozo soporifique...


Type O Negative : October Rust
Nos quatre constipés, sur la pochette intérieure, font les sérieux. En dessous, c'est écrit WE ARE THE VANDALS, c'est pas des gens qui rigolent.


Venus : Welcome to Modern Dance Hall
Si le rock indé était plus souvent comme ça, je n'aurais pas besoin de faire cette page. Chaque chanson est un festival de surprises, la mise en place est impeccable, pleine d'apnées/rebonds, en constructions polymorphes, et le chanteur a une belle palette, dont les nombreuses teintes s'entremêlent bien à toutes ces fractures, derrière. Et en plus, on les voit pas, les gens, en train de faire les intéressants sur la pochette, chapeau ! Bon, faut pas exagérer, j'vais pas l'acheter, l'album, hein...


Rufus Wainwright : Same
Ça commence mal pour lui : poser en photo noir et blanc (prendre un air neutre) sur la pochette, c'est pas un bon début. De l'autre côté, il regarde ailleurs, les bras croisés (vas-y coco, regarde par là, et prends l'air na-tu-rel). Bon, j'arrête, on est sensé parler musique, ici. J'ai bien tout écouté, je me suis pas mal ennuyé, sans plus. Il a une façon très amusante de chanter. Il timbre, il met du vibrato, comme n'importe chanteur de variété, et en même temps essaie d'avoir un ton nonchalant, du genre moi-je-suis-un-gars-cool (l'intro de "In my Arms" est significative).


Weezer : Pinkerton
Weezer, c'est des jeunes qui font du bruit avec des guitares électriques. Le chanteur est inexistant, le batteur est un polochon, le bassiste dort, le guitariste est une mule. Réussit à être TOTALEMENT inintéressant. Enfin presque. ..



jp@maison-page.net pour m'écrire et me flamer.

Réactions, moqueries et engueulades :

  • Yann, qui est fûté, aiguise ses arguments :
  • Isidore et Sapajou font des fautes et ne sont pas contents :
  • Un certain Eric me dit des choses à, propos de Rébellion (Majuscule) : Heu, c'est qui le rebelle, dans cette histoire, selon votre point de vue ?


  • Les Inrocks, eux-même (No 142, p. 6), disent de cette page qu'elle est "désopilante". C'est à cause de Pearl Jam, je pense. Merci !
  • Vincent me fait des suggestions intéressantes... :
  • Glou se sent fou :
  • Nicolas me dit de continuer : Non, je n'ai aucun de ces disques, manquerait plus que ça ! Je les emprunte à la médiathèque, je suis déçu, alors je les détruis dans cette page. Exceptions (CD que j'ai) : Hoover, Archive, Kula Shaker, Belle & Sebastian. Je ne les écoute jamais, sauf "Barabas" dans Hoover, et le début de Belle & Sebastian, profondément magique, tout de même...
  • Matthieu défend son idole :
  • Un autre Mathieu est sucre et sel : Encore heureux que je ne suis pas objectif. Tout ça c'est pour me marrer, dire un peu le contraire de la masse lenoiriste. Je pense vraiment tout ce que je dis. J'exagère, juste un peu ;-)
  • Remarques d'un monsieur B. :
  • Remarques d'un monsieur "Fran" : Gagné ! Je ne connais aucun de ces groupes. A moi : Ponder ! Gesualdo ! Pendleton ! Limborg ! Uakti !
  • Ecoutez-le, lui, Benoît (j'ai fait copier-coller, pour avoir bien tout le style) :
  • Pierre voit ceci : :-)
  • Quelqu'un dans la Lenoir Liste : Ho ho ho ! Moi j'adore cette réplique... Bravo !
  • Guillaume affirme : Ah ben j'te l'fais pas dire...
  • On m'envoie ça d'une école publique : Réponse : Non, j'aime pas les Pixies. Rien à taper, des Pixies. La bonne alternative à Nick Cave, c'est le silence. Et si Laibach sont des fascistes (ce dont je me contrefous) grandiloquents, je trouve que leur musique est plus élaborée que les Ataris machins. La grande tendance (c'est pas une tendance, c'est un ouragan) de dire que les intellectuels sont des "pseudos" et que vivent les semi-mongoloïdes et les bourrins me fait frissonner de peur pour l'avenir. Et je ne lis pas Télérama, je ne lis AUCUN magazine, surtout quand ça parle de "nouveautés", et encore moins de télé. C'est quoi, la télé ?...
  • Mi-2002, je reçois ceci : Vous voyez où on en est ?








    Je recopie ce que j'ai mis en haut :



    Bzzt Bzzt ! Arrêtez de m'embêter avec cette page, que je ne mets et ne mettrai plus à jour. Elle a été créée en 1997, et donc est déjà démodée. Je n'écoute plus AUCUN "groupe" de rock, et le simple fait de voir un mec avec une guitare ou un micro me fait fuir en courant. Alors bon. Je défends Fripp et Tom Waits ? La belle affaire : j'ai revendu tous mes disques, et je ne sais plus qui ils sont. Vous verrez, ça vous arrivera, un jour : la bulle éclate et alors TOUT devient ridicule...