Mon but : m'amuser, apprendre le logiciel (iMovie, qu'offre Apple sur les Macs). Aucun moyen, à part mon appareil photo (je n'ai pas de caméra) et ce que je trouve sous la main (des jouets, des objets). Pas envie de prendre du son. Les moteurs : aller vite, se servir des erreurs (quitte à les laisser à l'image), désinvolture, ne pas forcément "raconter", se servir de mes propres musiques. Aller chercher la dissonance, le "bizarre modeste", les fractures de tonalité. Faire des sortes de clips poétiques ou bizarre, donc.

Mon petit réservoir est sur YouTube et sur DailyMotion.

Voici :


Dancing (Unhappy) Beasts
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Pour Dancing (Unhappy) Beasts, le jeu était de faire un truc "bricolé et foireux", c'est pourquoi le décor est moche, que le film est mal compressé, après étre passé par un filtre "vieux film" avec sautes d'images, voile blanc, rayures. La "dissonance" arrive petit à petit avec le texte, lorsqu'on comprend qu'ils en ont vraiment marre qu'on les fasse danser. L'idée fut alors de pousser plus loin (aidé par la musique qui fabrique une sorte de crescendo lourdingue à hélices) avec diverses chutes et secouages, puis de continuer bien après le générique de fin pour accentuer le côté "ça s'arrête jamais" (sur une valse qui boucle sans rien changer, au piano). J'avoue m'être bien amusé à mettre des textes écrits au lieu de phrases audio. Sur YouTube, quelqu'un a mis : "Riez ! Quand ils s'agitent, c'est de nous tous qu'il s'agit" - ce qui me semble juste :-)



Molly Baghead, Part I
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Pour Molly Baghead, mon but était d'avancer dans l'apprentissage d'iMovie, et de mener une histoire dans l'histoire. Les premières secondes devaient être coupées pour commencer au travelling sur l'herbe, et puis j'ai laissé le cafouillage, parce que. Il y a au début un effet intéressant sur l'image, qui transforme la réalité en bonbons. Je le reprendrai un jour. Les personnages sont réunis dans un château pour raconter des histoires (c'est piqué au Decameron, hein) à la Reine.
Suit un catalogue de petites scènes avec Molly, qui "est dansée" par les doigts (hé hé), veut faire des câlins avec les insectes, bronze sur une brosse et déambule avec son sac sur la tête. Bref, c'est une folle, ou certainement une farfelue. Cette partie est comme une introduction pour la suite, la question émergent étant : "Why ?". Car elle n'est pas totalement insensible, Molly, si on regarde le dernier plan...



Molly Baghead, Part 2
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Dans The Story of Molly Baghead, Part 2, j'ai essayé d'être un peu plus dynamique, et de trouver le moyen de tordre la narration pour que ça devienne moins JP-fait-joujou. Je fais un petit rappel, comme dans les feuilletons, puis accentue la moquerie envers Molly-et-son-sac (le rire), avant de connecter le tout avec le premier film (la valse qui n'en finit pas). Molly, la folle dont tout le monde rigole, est victime d'une sorte de monstre... J'ai appliqué la torsion recherché avec la première phrase de Molly, en rouge : "Why do you laugh at me ?". Et depuis quand les acteurs entendent-ils les rires enregistrés ? La Reine repose sa question, et cette fois ci on ose lui répondre. Je me suis décidé à casser la logique de la narration, puisqu'on voit alors surgir Molly Baghead au milieu de nos personnages raconteurs, transformant la "folle Molly" en "pauvre Molly". Enfin j'espère ! :-)



FrogVoyeur
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Bathroom Love, pour tenter de faire des tous petits films. J'aimerais bien en faire plusieurs comme ça, une ou deux minutes.
Deux bouteilles de produit pour la douche tombent amoureuses. Comment le faire comprendre ? En mettant un voyeur, ha ha, et puis du son... J'ai sali l'image un maximum, et je me suis trompé en mixant trop fort les bruitages par rapport à la musique. L'effet est en fait intéressant, la musique semblant comme rêveuse, irréelle. Je voulais travailler l'effet Koulechov (lorsqu'en montage, on voit un plan de A qui regarde, puis un autre plan avec B, le spectateur relie les deux plans : A regarde B). Ce que sont les bouteilles, c'est la grenouille qui le dit... Le son vient d'un film de IFeelMyself.



Repeat and Repeat again
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Five Pianos Under The Trees est un exercice. Musique répétitive (à la Steve Reich) sur vues répétitives, pour voir. Je fais suivre sans cesse deux types de "sous les arbres", une sorte de travelling, puis un panoramique qui se met à tourner puis reprend une trajectoire proche du travelling. Je ne veux pas raconter d'histoire mais hypnotiser ou fasciner (je mets d'ailleurs une araignée - bestiole que je trouve fascinante). Les pianos s'empilent, et j'ai cherché à la fin, non pas à faire peur - c'est assez facile - mais à donner une sorte de frisson, lié à une question du type "Mais qu'est-ce que c'est que ce truc ??".



Mask
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Mask, c'est raté, mais j'ai appris quelques petits trucs. Le jeu était de troubler par des inserts rapides et inquiétants, comme dans les films d'horreur. Je suis assez content des plans "symétriques" sur les arbres (sur celui de la fin, on croit voir un visage). Mais l'ambiance ne prend pas...



Foxy the very very brave
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Pour Foxy, the very very Brave, je reprends l'idée de l'histoire dans l'histoire. Et j'ai décidé de faire "parler" nos deux narrateurs. Hum. Et il y a des farces partout. Plans ratés au début. Voix tordues. Chute foireuse du hibou. Relance des phrases du début pendant le film. Et on ne voit jamais ce que cherche Foxy dans la Forêt des Tubes Gris (vers la lumière, à droite) - la caméra s'élève et on croit qu'on va découvrir quelque chose DEVANT Foxy, mais c'est son copain farceur qu'on découvre, ha ha. J'aime bien ma fin, qui embraye sur tout autre chose avec l'inquiétante danseuse - annoncée au départ par madame Lapin ("And the dancer/She was horrible"). Hum. Pardon :-)



Bad Parachute Trip
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Ce qui a motivé Bad Parachute Trip, c'est l'envie de faire un montage plus rapide, plus sec. J'ai aussi tenté de jouer encore plus avec les mots. Certains textes sont entendus et lus (parfois seulement l'un, ou l'autre), d'autres sont colorés. J'ai tenté de monter plus "vif" (en tout cas au début). Il y a diverses astuces, dont l'apparition du texte de la poupée morte. La musique venait elle aussi d'un pari : faire un reggae avec une clarinette...



Clouds - Nuages
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Rien de plus que des nuages en symétrie...



Foxy 2
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J'ai enfin fini de monter Foxy 2. J'ai essayé ici de noyer le "spectateur" dans une sorte de soupe contradictoire, amusante puis terrible, rapide puis lente. Il y a trop de musique, des bruits partout, des plans trop courts et d'autres trop long, des bruitages qui s'arrêtent trop tôt, une narration illogique comme celle d'un rêve, des jouets mais de la peur, des ruptures et des dissonnances, et des tas de liens avec les autres films ci-dessus. Euh oui, c'est bizarre :-)



Trio
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Trio est bien étrange aussi. Le temps y est comme étiré. Le Chevalier-Robot semble totalement ralenti et empétré dans sa quête. J'ai essayé de rendre le décalage entre son aspect guerrier et le fait qu'il soit perdu. Il cherche Molly, finit par la trouver, mais trouve autre chose...
Ici, tout est un peu "trop". Trop lent, scènes trop longues, musique trop romantique, plans trop fixes (j'ai pensé faire ce film en Ken Burns (photos uniquement)), fin trop bizarre. Le Robot est pétrifié triplement : par sa quête, pas sa découverte de Molly, puis par sa rencontre. Il n'y a pas de fin, etc...
Je m'interroge sur ce qui me fait faire des machins pareils. Le hasard ! Temps de tournage : 10 minutes. Pourquoi des poupées mortes (Foxy 2, Trio, et la rieuse de Bad Parachute Trip) ? Parce que j'en ai récupéré un carton il y a quelques jours.



L'IdŽe du Nord / The Idea of North
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L'idée du Nord, encore des nuages symétriques, en photos cette fois... Ce qu'on fait normalement, avec cet effet "Ken Burns", c'est beaucoup plus lent, avec des musiques horizontales genre Harold Budd. Tiens il faudrait que j'essaye...



Herbie "The Perfect Breather"
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Herbie, "The Perfect Breather", inspiré par ce rigolo petit diable. Pour moi, le "noeud" de ce petit film est cette sorte de petit cri continu et nerveux. Il y a des images en "scope" et d'autres en 4/3 (c'est juste pour voir). Je m'amuse, car je me souviens, il y a bien 15 ans, de la difficulté que j'avais eu à construire le crescendo (avec le lead rapide final) - pas évident, avec ces hachures de saxophones...