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Merci à Marie W., qui m'a aidé à compiler tout ça.

Ce bout de page est en construction, alors vous pouvez vous promener, mais c'est pas rangé, c'est pas fini. C'est du boulot tout ça, qu'est-ce que vous croyez ! =)
En attendant, vous pouvez m'envoyer les vôtres...

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En français

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En anglais




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Voilà les citations que j'ai échangé avec mon cyberami, Hervé :


LES PROBLEMES DE LA CIRCULATION

Il a pris sa voiture les pigeons avaient chié dessus
et puis il a fait du cinq de moyenne
pendant des heures et des heures
il a éraflé une aile
il a bosselé son pare-chocs
on lui a craché sur son pare-brise
et il a attrapé cinq contraventions

ah qu'il ah qu'il ah qu'il est content
d'avoir promenée sa bonne ouature
si elle lui a coûté tellment d'argent
c'est pas pour en faire des confitures
et bing et poum et bing et pan

    Raymond Queneau


ACOUSTIQUE

Un enfant pleure
une radio crie
une auto freine
une moto pète
un marteau frappe
une hie ronfle
un bus passe
et pourtant il y a encore dans l'espace
des pans
qui ne bougent pas.

    Queneau


"L'enfant buissonnier charmeur de sauterelles
couché à la perpendiculaire de la canicule blanc-bleu
l'ébouriffé à plat ventre sur l'été-feu du causse
colle l'oreille à la terre étouffée d'août
au-dessus de la dalle quaternaire sous les couches du temps

L'enfant curieux écoute aux portes de la terre"

    C.Roy,
    Sais-tu si nous sommes encore loin de la mer ?


"S'il entend réellement baigner dans la magie d'un livre de génie, le lecteur avisé le lira non pas avec son coeur, non pas avec son esprit, mais avec sa moelle épinière: c'est là que se produit le frisson révélateur, même s'il nous faut, en lisant conserver un rien de recul, un rien de détachement. Alors, avec un plaisir tout à la fois sensuel et intellectuel, nous regarderons l'artiste bâtir son château de cartes devenir château de verre et d'aciers étincelants."

    Nabokov


"Les chats d'Istanbul, explique el Gaviero, sont d'une sagesse absolue. Ils contrôlent complètement le ville, mais ils le font d'une façon tellement prudente et silencieuse que les habitants ne se sont jamais rendu compte de ce phénomène. Cela doit remonter à Constantinople et à l'Empire d'Orient. Je vais vous dire pourquoi: j'ai soigneusement étudié les itinéraires que prennent les chats à partir du port, et ils suivent toujours, sans jamais dévier, ce qui fut les limites du palais impérial. Celles-ci ne sont plus visibles car les Turcs ont construit des maisons et ouvert des rues là où se trouvait jadis l'espace sacré des oints de la Théotokos. Et pourtant les chats les connaissent d'instinct et les parcourent toutes les nuits, entrant et sortant des constructions élevées par les infidèles. Après quoi, ils montent jusqu'à la pointe de la Corne d'or et se reposent un moment dans les ruines de palais de Baltchernes. Au lever du jour, ils regagnent le port pour faire le compte des navires qui sont arrivés et s'assurer du départ de ceux qui quittent les quais. Mais le plus inquiétant, c'est que si vous amenez un chat d'un autre pays et que vous le laissez dans la port d'Istanbul, la nuit même, sans hésitation, le nouveau venu accomplit le parcours rituel. Ce qui veut dire que les chats du monde entier conservent dans leur mémoire prodigieuse les plans de l'auguste capitale des Commènes et des Paléologues."

    Alvaro Mutis

"Citation : répétition erronée d'une déclaration d'autrui."
    Ambrose Bierce


"Pourquoi qu'j'irais à l'Internet, j'sais pas où, alors qu'j'ai l'Intermarché à coté ?"

    François Morel


"Quel est votre objectif en philosophie ?
- Montrer à la mouche comment sortir de la bouteille à mouches"

    Wittgenstein


"Le café est un breuvage qui fait dormir quand on n'en prend pas".

    Alphonse Allais


"Seuls les idiots sont brillants au petit déjeuner"

    Oscar Wilde


"Deux choses sont infinies : l'Univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l'Univers, je n'ai pas encore acquis la certitude absolue."

    Albert Einstein


"L'homme est plein d'imperfections. Ce n'est pas étonnant si l'on pense à l'époque où il a été fait."

    Alphonse Allais


"Celui qui veut faire le bien doit procéder à tous petits pas; le bien général est l'argument des filous, des politiciens et des patriotes".

    S. Butler


"Un chat est rarement enthousiaste. Un chien l'est souvent trop. Un homme aussi."

    C. Roy


"Lady Di a retourné Peau d'Ane : elle s'habille en peau de princesse et l'âne est à l'intérieur".

    Tony Duvert


"Une fois que ma décision est prise, j'hésite longuement."

    Jules Renard


"Le seul sport que j'aie jamais pratiqué, c'est la marche à pied, quand je suivais les enterrements de mes amis sportifs."

    G.B. Shaw


NEIGE. Ce tonnerre de silence qui nous réveille en sursaut au creux de la nuit, parce que la neige s'est mise à tomber.

    Claude Roy


"Les maux du temps: décibels, simili, zapping, panurgisme, publicité - et le mensonge généralisé."

    Claude Roy


"l'éternité s'est long, surtout vers la fin"

    Woody Allen


"Dieu est mort, Marx est mort, et moi-même je ne me sens pas très bien"

    Woody Allen


"Ce n'est pas le singe ou le tigre que je crains dans l'homme mais l'âne."

    William Temple


"Je méprise profondément celui qui aime marcher en rang derrière une musique ; ce ne peut être que par erreur qu'il a reçu un cerveau ; une moelle épinière lui suffirait amplement."

    Albert Einstein


"L'idée du calme est dans un chat assis."

    Jules Renard

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Extraits

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Borges

POINT DU JOUR

Dans la profonde nuit universelle
que contredisent à peine les lampadaires
une rafale perdue
a offensé les taciturnes rues
comme une prescience frémissante
de l'aube horrible qui assiège
les banlieues démantelées du monde.
Curieux de l'ombre,
lâche devant la menace du jour,
j'ai revécu la terrifique conjecture
de Schopenhauer et de Berkeley
qui affirme que le monde
est une activité de l'esprit,
un rêve des âmes,
sans base ni dessin ni volume.
Et puisque les idées
ne sont pas éternelles comme le marbre
mais immortelles comme une forêt ou un fleuve,
la doctrine antérieure
prit à l'aube une autre forme
et la superstition de cette heure
où la lumière comme un liseron
va bientôt impliquer les murs de l'ombre
réduisit ma raison
et traça le caprice suivant :
Si les choses sont vides de substance
et si l'innombrable Buenos Aires
n'est qu'un rêve
qu'érigent les âmes par une commune magie,
il y a un instant
où son être est démesurément menacé,
et c'est l'instant frémissant de l'aube,
lorsque sont rares les rêveurs du monde
et que seuls quelques noctambules conservent,
cendreuse et à peine ébauchée,
l'image des rues
qu'ils définiront ensuite avec les autres.
Heure où le rêve opiniâtre de la vie
court le risque de se briser,
heure où il serait facile à Dieu
de tuer tout à fait Son oeuvre !
Mais à nouveau le monde s'est sauvé.
La lumière divague inventant des couleurs sales
et avec quelques remords
de ma complicité dans la résurrection du jour
je gagne ma maison
stupéfaite et glaciale dans la lumière blanche,
pendant qu'un oiseau arrête le silence
et que la nuit usée
est restée dans les yeux des aveugles.

    J.L. Borges

Dos à la terre
je recueille l'ombre vendémiaire
qui se répand en houle nue dans mes orbites
au-dessous s'engloutissent les cités
pavées d'injures et de poings
la nuit est verticale...

    J.L. Borges


"Sur le dos agité des jeunes italiennes
Pas l'ombre d'une tresse où suspendre ma tendresse..."

    J.L. Borges


LA PLACE SAN MARTIN

A la recherche du soir
j'avais en vain épuisé les rues.
Les vestibules des maisons étaient déjà gênés d'ombre.
Le soir entier au fin poli d'acajou
avait fait son refuge assoupi
de la place sereine et mûrie,
bienfaisante et subtile comme une lampe,
claire comme un front,
grave comme un geste d'homme en deuil.
Tout sentiment se calme
sous l'absolution des arbres
- jacarandas, acacias -
dont les pieuses courbes
atténuent la rigidité de l'impossible statue
et dont les branchages entrelacés exaltent
la gloire des lumières à mi-distance
du léger bleu et de la terre rougeâtre.
Comme il nous fait bien voir le soir,
le calme facile des bancs !
Là-bas
le port désire des latitudes lointaines
et la profonde place égaliseuse d'âmes
s'ouvre comme la mort et comme le sommeil.

    J.L. Borges

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Jelinek


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