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0-9

J'ai beaucoup de respect pour Le 13ème Guerrier, qui a paraît-il été charcuté par la production. C'est formidablement bien mené, le casting est parfait (Banderas, seule "star", dans un personnage témoin, hors du coup, et les Vikings sont très crédibles), et on "sent" que c'est raccourci : pas un temps mort, tout va très très vite... et c'est peut-être très bien comme ça ! Je ne suis pas un pro, mais ici on sent que c'est "tenu", que c'est quelqu'un qui connaît le boulot qui est aux commandes - le sens de l'espace est ici très maîtrisé (découverte de la ferme au début, par exemple). La musique de Goldsmith est diabolique et vraiment bien utilisée, et on retient quelques scènes épatantes (Banderas qui comprend qu'il est le 13ème - et le jeu avec les traducteurs, la façon dont il apprend la langue Viking). Bon, la "mère" est un peu expédiée, et la fin aussi, mais quand on se souvient du ridicule Lancelot et des Conan, on se dit qu'on a monté ici quelques bonnes marches...

Les Sept Samouraï date de 1954, c'est en noir et blanc, et c'est presque insupportablement magique. Tout se conjugue impeccablement pour vous ensorceler, l'utilisation de la musique (incroyable), une sensualité très moderne dans le jeu des caméras (innombrables exemples), un sens du rythme très étonnant pour l'époque, et un casting hallucinant. Le film est aussi curieusement rempli de paradoxes, ce qui fait aussi son côté "hors circuit", magique. Mifune en fait trop, mais son personnage l'exige; on assiste à quelques "hystéries japonaises", mais la quasi totalité des acteurs jouent "sages". Tout se passe en fait comme si Kurosawa propulsait parfois son film des années 50... cinquante ans plus tard (certains plans, ou certaines scènes sont si bizarrement modernes qu'on en reste bouche bée). Le tout donne une impression très curieuse de "fleuve de cinéma" (comme peuvent l'être La Ligne Rouge, ou Lawrence d'Arabie) : ça avance, lentement mais avec force (le film fait environ 3h30), le scénario est "tendu", rien ne dépasse, et en plus, on rigole beaucoup ! J'imagine qu'à l'époque, ça a dû faire mal ;-) ! Etourdissant, donc, une vraie merveille...
Toujours sur la page Kurosawa : ici. Belle page ici aussi.

A

J'ai vu Avalon (Zone 2, mais import Japonais, en Polonais sous titré Anglais), et c'est vraiment décevant. Avalon me fait penser à Giorgino, de Boutonnat : ah c'est très beau, avec des filtres et des couleurs, l'actrice est vraiment rayonnante, mais c'est "maniéré dans le vide", avec des tonnes de ralentis avec des choeurs, des mouvements de caméra à la grue qui n'ont aucun sens, des étirements du temps qui font sourire, des hommes qui mangent salement avec des gros plans et le micro à fond (comme dans les clips de Farmer), la musique est vraiment belle mais mal utilisée, et les ordinateurs font des bip bip comme dans n'importe quel James Bond de base. Pourtant, visuellement, ça annonce de bien belles choses...
Comment expliquer Akira ? C'est une énorme réussite ovni qui allie virtuosité technique (décors, couleurs, mise en scène) à une utilisation de la musique fabuleuse, un sens du rythme global étonnant, une invention graphique extraterrestre et un terrifiant jeu avec la démesure. Splendide.
Un des films que j'ai le plus vu, sans doute. La version "Redux", avec 3/4 d'heure en plus, devient encore plus monstrueuse. Ce qui me marque à la énième vision, c'est d'abord... la direction d'acteur ! Sheen est vraiment extraordinaire... On sent le travail, l'énorme puissance de travail de Coppola, et tout se conjugue, autour de la remontée du fleuve. Sens visuel baroque et étonnant, sens du décor qui frise le génie, sens du rythme "global" (grandes respirations et voix off), sens de l'exagération et de la folie. Du très grand art...

B

Le Bûcher des Vanités" est raté, mais de peu. De Palma n'a pas trouvé le "ton" du film, semble-t-il, mixant exagération comique (le fabuleux plan séquence du début, la femme de Tom Hanks), virtuosité d'appareil (tous les plans vus "du dessus"), les split screen (l'interview du révérend), le tout avec une peinture épouvantable de l'humanité New Yorkaise (tout le monde est ignoble, dans ce film, et le Bronx est une espèce d'enfer (la plongée du début, le discours du prof)). Quel tableau !
Bienvenue à Gattaca
Analyse de la première scène sur lumiere.org : http://www.lumiere.org/esthetique/decoupage-blade-runner.html.

C

Cris et Chuchotements est un film très dur de Bergman. Une femme agonise dans une grande maison, assistée par ses deux soeurs et une servante. C'est tendu, cruel, oppressant, inimaginable. Chaque scène se grave fortement dans le regard, un repas, des cris, un bout de verre, un homme qui parle à une femme devant un miroir. Effarant et terrible...
Revu Chinatown, film lent, hanté, extraordinaire. Nicholson et Dunaway sont parfaits, et John Huston construit un personnage maléfique et impressionnant comme une d'araignée... Dans l'excellent documentaire accompagnant le DVD on évoque un des grands atouts du film : ses scènes lentes, vivantes, sans dialogues, respirations du film. La complexité, la lenteur, la fin veritablement affreuse, tout cela fait que Chinatown ne pourrait sans doute plus être tourné maintenant . Le scénariste (qui a eu l'Oscar) indique aussi que cette histoire est trop "audience demanding" pour pouvoir être acceptée de nos jours par les Studios. Comme dit Tavernier dans son livre sur le Cinéma Américain, une sorte de danger latent semble sourdre de tous les coins de ce film parfait, qui n'a pas pris une ride...
La Chute du Faucon Noir

D

Christopher Walken y est prodigieux, l'ambiance du film est, comme le destin du personnage, oppressante, froide, terrible. C'est un des personnages les plus affreusement solitaire du cinéma. C'est un chef-d'oeuvre !
Analyse de la musique du film chez lumiere.org : http://www.lumiere.org/esthetique/jaws.html.
En 1902, dans une région du fond de la Russie, quelques hommes et des soldats font des relevés topographiques, ils sont aidés par un petit monsieur de la Taïga, un chasseur pittoresque, malin et doué. Ce film est une merveille, mais il est difficile de le prouver : il s'agit de magie cinématographique ! Ce qui me semble le plus étonnant, c'est que Kurosawa semble refuser de rendre grandiose ou sublime l'immense nature de la Taïga, c'est magnifique, mais comme proche de nous. La musique est utilisée (rare et opportunément) de façon divine. Le personnage de Dersou est incroyable d'humanité, et est fascinant par la "symbiose" qu'il vit avec les éléments naturels. C'est aussi un film sur l'amitié, habité par une certaine mélancolie (car on sent bien que c'est quelque chose qui disparaît... L'ensemble forme un petit miracle. Attention, la pellicule est assez abimée (surtout au début), et le film date de 75 (le son est en mono). Magique !
Une page sur Dersou Ouzala dans un site sur Kurosawa : ici. On trouve aussi le livre d'Arseniev en poche, splendide er palpitant !

E

Existenz

F

G

Gangs of New York Le Guépard
Le scénario est globuleux et pédant, et la mise en scène parfois bien paresseuse (faute de moyens ?) - plans typiques de a japanimation avec les bouches qui bougent sur deux images, alors que tout le reste est immobile - mais sinon, c'est un grand et magnifique envoûtement. Des idées à foison, des visages inoubliables, une sensualité permanente, même dans le technologique, un sens aiguisé de la respiration globale (il est vrai, très proche de Blade Runner parfois) et de la scène anthologique (poursuite dans les bas fonds, le tank final). Chapeau bas.

H

I

L'Impasse, de De Palma, petit bijou méconnu, Al Pacino dans un rôle épatant (un peu largué dans son monde, mais fûté comme un renard), Sean Penn méconnaissable (puant au possible), et le maître qui s'éloigne de son côté "regardez comme je filme avec virtuosité", le résultat est une parfaite mécanique, avec parfois des tensions extraordinaires (la salle de billard), et toujours un aspect tendu, vénéneux au total. Chapeau !

J

K

L

M

Film polyphonique par excellence, qui suit le trajet de nombreux personnages à travers leur crise, un jour de grosse tempête. Le casting est bien vu, la mise en place est aux petits oignons, les scènes fortes nombreuses, les personnages attachants. De minuscules erreurs font qu'on n'atteint pas le miracle, mais c'est tout de même très fort, et entêtant...

N

O

P

J'ai vu Planète Rouge la bouche ouverte pour deux raisons : ou bien je rigolais, ou bien j'en revenais pas. Il existe des films qui sont des navets à un tel point que ça en devient intéressant ! Tout ici est ridicule, mal foutu, déglingué. Les acteurs jouent comme s'ils allaient éclater de rire d'un instant à l'autre. Carrie Ann Moss (la pauvre), passe tout le film à tripoter des boutons rouges et verts (bip bip) accrochés au plafond. L'ordinateur central est véritablement comique. Terence Stamp a la tête de celui qui est au stade qui SUIT celui on l'on se demande ce qu'on fout là ("encore une prise et je me casse", ce qu'il fait d'ailleurs :-). C'est mal filmé (la fausse asphyxie), mal joué (l'abandon de Stamp, la dispute au bord du précipice), bourré d'idées idiotes (le "filin" de CAM). A sauver : le robot/soldat, rigolo, les "ordinateurs-souples". Vraiment j'vous jure !
Allez voir la critique de dvdrama.

Phenomena de Dario Argento, une vraie curiosité, dans le sens ou se côtoient et se mêlent les aspects les plus ringards d'Argento (musiques balourdes hard rock, maladresses multiples, scénario rocambolesque, longueurs) avec de très bonnes idées de mise en scène, un sens du rythme parfois diabolique (la mouche dans sa cage et autres apnées), un plaisir de filmer évident (la crise de somnambulisme et la voiture, la forêt) et un indéniable génie pour l'horreur (le singe qui assiste au meurtre, tout le final emboîté, l'enfant de la fin). L'actrice principale est rayonnante...
Le Parrain, plaisir total, l'impression d'une grande maîtrise formelle, d'acteurs magnifiquement dirigés. Grande et parfaite mécanique, avec des millions de nuances, beaucoup de finesse. Ah !
Le Parrain 2 est un peu trop long à mon goût, mais est parfois traversé de scènes extraordinaires. L'utilisation des décors et des ambiances (maison près d'un lac, hiver...) témoigne d'une grande inspiration.
Le Parrain 3 est une parfaite mécanique, une toile d'araignée en spirale tranquille et mortelle, avec un chemin effarant vers une longue scène finale emboîtée. Tout cela sans esbrouffe, avec des acteurs parfaits, un véritable fourmillements de "signes", en somme, une intelligence polyphonique de la mise en scène comme j'ai rarement vu...
Savourez l'intense stupidité de l'éditeur, qui montre la dernière image du film, la "clef", sur la pochette. A ce point là de la bêtise, ça en devient abyssal, fascinant, terrible. Je me souviens de ce que j'ai ressenti, tout gosse, lorsque j'ai découvert cette image... Bref.
J'adore ce film... parce que son scénario est diabolique. Pendant au moins une heure, le personnage d'Alec Guiness résiste avec héroïsme à un chef de camp japonais (très intéressant personnage) qui doit construire un pont et veut faire travailler les officiers. Ce face à face est très ingénieusement montré. L'on s'identifie donc massivement à cet anglais-là. Mais à partir du moment ou le commandant "cède" (accepte que les officiers ne travaillent pas), notre Anglais se jette avec enthousiasme dans l'entreprise et... construit un superbe pont. A partir de ce "revirement" (le spectateur se dit : "Mais il est FOU !?"), le film part en "Y" et on suit parallèlement l'équipe qui arrive et vient saboter ce foutu pont. La fin est un crescendo sublime, où tout semble s'emboîter en mettant vos nerfs en pelote. Chef-d'oeuvre.

Q

R

Rashomon, histoire d'un viol et d'un meurtre dans une forêt, vu et raconté par quatre témoins, est littéralement hanté par Toshiro Mifune. C'est de 1951, et je suis ébloui par l'aisance inventive de Kurosawa : la marche du bûcheron, l'utilisation de la musique (le boléro pour l'histoire de l'épouse, le silence pour les batailles au sabre), le chaman. Mais en somme, la magie de ce film est tout à fait inexplicable. Quelques images reviennent vous hanter, Mifune bataillant dans la forêt et la lumière...
Enorme ! Formellement, c'est très inventif et maîtrisé. La direction d'acteur est étonnante. Le tout me semble très "tenu", impeccable. Mais ce qui m'épate (et ce qui fait la force du film), c'est le décalage monumental, quasi grotesque, entre la désespérante bêtise de tous les protagonistes, leur absolue absence de sens moral, ou même de "sens commun", et à l'opposé la poigne énorme du scénario, du "point de vue" de l'auteur. Il s'agit d'une spirale descendante, par "paliers", c'est très dur, mais le propos est clair et fort, contrairement à un Trainspotting, où on a l'impression que c'est un des mecs du film qui réalise. Vraiment très fort. A visionner collé à Fight Club, pour avoir une idée du futur proche...

S

J'ai une théorie à propos d'Argento (que je ne suis pas le seul à partager, il me semble) : ce mec là est un amateur de génie, un gosse fou : un dingue. Alors parfois, c'est tellement "trop" que ça en devient passionnant. Suspiria est un film "trop", mais c'est épatant, terrible, et tout ça se grave dans votre esprit, rien à faire : l'orage du début et le taxi, la forêt, le premier meurtre "graphique", la tête de la prof de danse, la mort de l'aveugle, le passage dans le couloir, les asticots dans le grenier, tout est foutraque, ivre, dangereux, "raté". La musique est invraisemblable (cris, respirations, cling clang !). Argento film comme un taré (une scène capitale du film selon moi : les pas de la prof de danse furieuse dans le couloir (à cause du chien) : même Lynch ne sait pas faire ça !). C'est dingue, mais ça marche. Et vous n'oublierez pas une certaine respiration... Bravo ! A voir à tout prix dans sa VO Italienne. Allez voir la page Suspiria chez EdWood, c'est bien mieux expliqué...

T

Truman Show

U

Un Homme d'Exception

V

W

X-Y-Z

Zone 1 & Import

Badlands est bien le meilleur film que je connaisse dans le groupe peuplé des films "deux tueurs sur la route". Lent, étrange, merveilleusement joué. Un sens splendide et modéré de l'étrange. Noir, ordinaire, poétique, absurde, paisible, tout à la fois. Laisse un goût pendant longtemps dans la bouche. Comme tous les films de Malick...
Kiki Delivery's Service : Comme j'ai lu quelque part, c'est sans doute le meilleur dessin animé jamais rélisé qu'on peut apprécier petit ou grand. L'histoire d'une petite sorcière de 13 ans qui crée un service de livraison dans une ville hors du temps. C'est magique, rigolo, passionnant et superbe, le genre de truc qu'on regarde en souriant tout du long. N'existe pour l'instant qu'au Japon : Japonais ou Anglais, sous-titres anglais possibles...
Joué et réalisé par Ed Harris, extraordinaire, merveilleusement entouré (l'actrice qui joue sa femme). C'est passionnant, fascinant, magnifiquement interprété. Du grand art.
Pour moi, Stardust Memories est le meilleur Woody Allen. Noir et blanc superbe, des actrices magnifiques (C. Rampling dont on tombe amoureux instantanément, M.C. Barrault, solaire, et J. Harper, qui semble surgir de Suspiria, cassée), un grand sens du délire verbal, et des atmosphères vraiment magiques, un vrai "sens du décor" rare au cinéma. Et surtout, un Hénaurme coup de pied dans la figure des "fans", qui apparaissent tous ici comme d'absolus crétins, emmerdeurs et cons (si vous êtes fan de qui que ce soit, un chasseur d'autographes, fuyez ce film). C'est pétillant tout en étant mélancolique. Inexplicable, en somme.

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